2001: NAISSANCE  DE L’AMIC’HALLES, ASSOCIATION POIL À GRATTER

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Soucieux de faire avancer le dossier des halles qui patine, des riverains du secteur et amoureux du quartier créent en mai 2001 une association baptisée l’Amic’halles.

« ON veut avoir la sagesse de Confucius, l’humour et la générosité de Coluche. » Las de constater que le dossier des halles Boulingrin n’avance guère, Pierre Longuet, Bernard Victor Pujebet, Laurent Callon et Thierry Brissart créent une association qui allait faire parler d’elle : l’Amic’halles, l’association pour la promotion des halles Boulingrin.
Avec son humour, sa faconde et son goût de la provocation, le président Pierre Longuet fait un tabac. « Notre association n’a pas vocation à traiter des problèmes de crottes de chiens ou de prostituées. Notre objectif est la réhabilitation des halles au sein d’un urbanisme nouveau dans le quartier. »

Roi du happening

 

« Pour que le passé n’entache pas le présent » et que ce bâtiment classé ne soit pas abandonné, l’association multiplie les actions : réunion mensuelle, barrage de la rue du Temple pour faire la fête, rencontres avec des ministres de la Culture, pose d’une plaque sur les halles, expo photos avec Michel Jolyot pour montrer l’état de la verrue des halles. Elle rencontre le maire Jean-Louis Schneiter mais aussi l’opposition conduite par Adeline Hazan, demande l’inscription des halles sur les plaquettes touristiques. Elle propose même une simulation de destruction des halles à coups de godet un 1er avril. Bref, l’Amic’halles occupe le terrain, que ça fasse plaisir ou pas.
« Car l’association n’entend pas être la spectatrice passive et béate des décisions municipales. » Elle a aussi réputation de savoir faire la fête grâce à l’investissement des commerçants Fabrice Maillot, Christophe Mertès, Dominique Lesage, Victor Pugebet, M.Boun Li, Carole Leperre etc.
En 2002 et 2003, alors que la mairie lance une expertise pour l’aménagement du secteur et une étude de faisabilité pour l’implantation du musée des Beaux-arts dans les halles, l’Amic’halles invite les étudiants de l’Esad à faire des projets pour ce bâtiment classé. Elle publie une enquête réalisée sur le marché du samedi dans laquelle 82 % des personnes interrogées sont favorables au transfert du marché dans les halles avec en plus de l’artisanat, 47,2 % veulent un parking souterrain et 28,5 % des rues piétonnes autour.
« Il faut sauver les halles de l’autodestruction », plaide Sarah Hinnrasky, étudiante en architecture. « Elles doivent devenir la deuxième cathédrale de Reims », répète le président de l’association qui, avec Armelle Blary, fait intervenir 13 plasticiens qui exposent sur le bâtiment classé.

Favorable à un marché

La mobilisation autour des halles prend de l’ampleur. Jacques Michelet et Catherine Le Goff publient 119 portraits de « figures du marché du Boulingrin et du quartier des halles. » Médaillé de bronze du tourisme, Pierre Longuet persiste et signe : « Ne faites pas des halles un nouveau mur de Berlin et du quartier un ghetto, car les Boulingrinois et Boulingrinoises, fiers et courageux, sauront dresser un nouveau drapeau de la raison, plein d’espoir, sur le sommet de leur monument. »

 

Pierre des promesses non tenues

En 2005, au grand dam de l’adjoint à la culture, Mario Rossi, qui rappelle que la Ville travaille sur le dossier, au milieu des poubelles, l’Amic’halles inaugure la première pierre des promesses non tenues, « symbole du désordre entre les décideurs, les politiques et des priorités… qu’on ne peut accorder ». Vexé Jean-Louis Schneiter frappe la pierre d’un droit de voirie sur la base de 8,25 € le m2 !
La Ville ayant renoncé pour des raisons techniques à son projet de musée dans les halles, l’association repart au charbon de plus belle, forte de plusieurs centaines d’adhérents. Elle se réjouit de voir que l’on revienne à un projet de marché sous les halles (2007).

2008 : la gauche lance la rénovation

Les vœux roses déposés en décembre sur le Boulingrin portent bonheur à la candidate Adeline Hazan, élue maire de Reims, et dont l’équipe annonce presque aussitôt la rénovation des halles pour le 14 février 2012.
L’Amic’halles repose la pierre des promesses non tenues et la rebaptise en pierre des promesses tenues : « C’est la fin du règne du despote, le renouveau », affirme, le sourire aux lèvres, Pierre Longuet pas rassuré pour autant par Numérobis, surnom donné au nouvel adjoint à la culture Serge Pugeault qui mettra quelques mois à apprivoiser l’association grâce à des interventions appréciées.
En 2009, dans la foulée, Dominique Potier et Yves Caux font paraître avec le concours de l’Amic’halles un très bel ouvrage : « Mémoire de Boulingrin ».
Les années ont passé. Entre fêtes, conférences captivantes de l’historien Patrick Demouy, rencontres avec les élus et revendications pour que les commerces et les riverains de la rue de Mars et de la rue du Temple et les riverains ne soient pas pénalisés par les travaux, l’Amic’halles poursuit son bonhomme de chemin.

LES HALLES INAUGURÉES:

NAISSANCE DE LA  COMMUNE LIBRE DU BOULINGRIN 

naissance-commune

L’Amic’halles du Boulingrin a vécu. Depuis hier, elle est devenue une commune libre. Reste à officialiser la chose.

COMME promis après l’inauguration des halles rénovées (l’union du 24 septembre), l’Amic’halles du Boulingrin fait sa mutation. Elle a décidé hier soir de se transformer en Commune libre du Boulingrin. Pourquoi ? « Hier il nous fallait restaurer les halles. Désormais, quand on voit les désordres qui apparaissent déjà, il nous faut les sauvegarder », a expliqué en substance le secrétaire général Thierry Brissart après un discours inénarrable, une vraie plaidoirie évoquant tour à tour Zeus, Bacchus, Gargantua et Jacques Duhamel pour défendre l’honneur du président Pierre Longuet accusé de se croire sorti de la cuisse de Jupiter. Les adhérents invités à être courageux, imaginatifs, à aimer rire, boire et faire ripaille ont pris connaissance du projet qui devrait permettre de faire encore plus parler « du plus beau quartier du monde ». Un appel à candidatures a été lancé à ceux qui voudraient entrer dans le premier conseil municipal de la commune libre du Boulingrin. Dans la majorité ou dans l’opposition ! Soit une grosse vingtaine d’adjoints bénévoles.


Ce qu’il faut savoir

Rendez-vous. Lundi 12 novembre à 19 heures au Petit Comptoir, après un dépôt de gerbes au pied de plaque de l’association apposée sur les halles, assemblée générale et dissolution de l’Amic’halles. Création officielle de la Commune libre.

Adhésions. Tous les membres de l’Amic’halles à jour de cotisation au 8 octobre sont citoyens de la commune libre du Boulingrin. Pour les autres, il faudra habiter les frontières du quartier ou publiquement prêter serment d’obéissance et de respect à la Charte de la commune.

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Frontières. Yves Caux et Dominique Potier sont chargés de définir avec précision les frontières de la commune libre.

Signes distinctifs. La commune libre aura son drapeau (rose-blanc-bleu), un écusson, un logo fait par Horizon bleu, un hymne, une devise. Elle aura une monnaie et éditera un ou plusieurs timbres. Le portrait du Président ou de la Présidente sera affiché dans toutes les commerces de la commune.

Chalets de Noël. À l’occasion des fêtes de fin d’année, la commune libre souhaite disposer de chalets au même titre que la place d’Erlon ou du Forum.


Mariage gay le 26 janvier

Au cours de la réunion, on a pu apprendre que l’un des premiers rendez-vous public de la commune libre aurait lieu le samedi 26 janvier avec la célébration d’un mariage gay. Avec un cortège qui défilera à proximité des halles et des mariés installés dans une carriole ou peut-être la fameuse Panhard PL 17 qui a été utilisée par Coluche dans « L’inspecteur la bavure ». (ce mariage n’a finalement jamais eu lieu…)

Des délégations insolites

Si la commune libre a d’ores et déjà prévu de fonctionner avec bien moins de responsables que la Ville de Reims, elle devrait tout de même compter vingt adjoints bénévoles. Le ou la maire sera entourée d’un attaché et d’une secrétaire générale. Le premier adjoint sera aussi directeur général des services. Le 2e adjoint sera chargé des grands travaux, des affaires culturelles et du Monopoly, le 3e adjoint s’occupera du commerce, de la braderie et de la lutte anti-tags ; le 4e adjoint sera trésorier du budget et responsable du racket ; le 5e chargé des affaires juridiques et sociales, des expulsions et des reconduites à la frontière du quartier.

Parmi les autres délégations, on trouve : un chargé des sports, de la consommation et de la cure de désintoxication ; un responsable des travaux de réfection des halles, un adjoint chargé du tourisme, des résidences vacances et de la fourrière animale ; un autre de la communication, de la désinformation et de la rumeur ; un autre encore chargé de l’éducation et de l’ordre moral ; un chargé des commémorations et des anciens combattants, un ou une responsable du comité des fêtes, du marché de Noël et des festivités boulingrinoises, une adjointe au Droit des femmes et de l’égalité et chargée des nouvelles technologies et des réseaux sociaux etc.